Missions d'Anabelle à Dassi Lamé et Saly

Voici le compte rendu d'Anabelle sur ses missions à Saly et à Dassi Lamé


Compte rendu mission du 17/10 au 01/11/15 à Dassilame Serere
J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Tessa, la présidente de l’association, en France avant mon départ. Nous nous sommes mises d’accord sur le contenu de ma mission qui serait centrée sur les enfants qui ne sont pas encore scolarisés et l’alphabétisation des femmes volontaires.
A mon arrivée à Dakar, Tessa est venue me chercher directement à l’aéroport et j’ai passé 2 jours chez elle à Saly. J’ai été très bien accueillie, au sein d’une famille chaleureuse.
Ma mission a commencé à Mbour (ville proche de Saly) en rendant visite à deux reprises à Awa une petite fille handicapée afin de faire des scéances de “stimulation”.
Awa ne peut ni marcher, ni parler mais ne manque pas d’intelligence. Je lui ai lu des histoires, chanté et mimé des comptines. Elle a essayé de reproduire mes gestes. Nous avons fait du coloriage, ce qui n’était pas évident car elle a des difficultés à tenir un crayon et également à rester concentrée mais cela a semblé lui plaire. Avec l’aide d’autres enfants, j’ai réalisé une sorte de Memory avec des formes, des couleurs. Elle devait poser les formes au bon endroit. J’ai été bluffée de voir avec quelle rapidité elle a relevé le défi et sans se tromper! Je lui ai également fait des massages des pieds, afin de l’aider à se détendre. Enfin, avec Tessa, nous l’avons fait asseoir puis lever en s’assurant qu’elle pose bien ses pieds à plat. J’ai passé des moments forts en émotion avec cette petite qui ne demande qu’à apprendre même si elle ne peut pas le dire avec des mots.
Awa est une enfant qui pourrait progresser si elle était stimulée au quotidien chez elle ou si elle avait la chance de pouvoir aller quelques heures par jour à l’école, ne serait-ce que pour écouter ce qu’il s’y passe.
Tessa m’a ensuite accompagnée à Dassilame Serere, petit village du Sine Saloum où j’ai effectué ma mission pendant 11 jours. J’ai à cette occasion découvert les différents modes de transports locaux : taxis, bus et aussi “taxis-moto” (qui te transporte facilement même lorsque tu as un sac à dos de 26 kilos, des pots de peinture etc…) et les routes parfois très endommagées qui vont avec.
J’ai été reçue dans une famille très sympathique, dans de bonnes conditions et un cadre idyllique. J’avais une case individuelle avec une salle de bains et des toilettes. Cependant, il n’y a pas d’éléctricité et il faut remplir des seaux à un robinet qui se trouve sur la propriété. Les nuits sont chaudes sans ventilateur mais on s’habitue. Le village est situé en bordure d’un bolong ( bras de mer qui rentre dans les terres) et j’ai pu me baigner tous les jours dans la mangrove pour me rafraîchir. Mamadou, le père de famille qui m’a reçu, est ingénieur en Agronomie. Il oeuvre pour le développement de son village (ostreiculture, apiculture, maraîchage) et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Son épouse Dialang est une femme formidable, drôle et excellente cuisinière. Elle a participé aux cours de français.
Dans une partie de leur maison a été créee (en partenariat avec l’association) une ludothèque. Les enfants ont a leur disposition des livres et des jeux de société. C’est à cet endroit et dans la cour adjacente que je me suis occupée des enfants.
A mon arrivée, j’ai commencé par faire du tri et ranger la ludothèque. Malheureusement les jeux qui s’y trouvent ne sont pas tous adaptés. Par exemple, beaucoup de puzzles avec des petites pièces ne sont pas complets et les enfants ne jouent pas avec.
Je travaille en France avec des adolescents mais là, c’était un tout autre public qui m’attendait. Ce n’est pas une mince affaire de s’occuper de petits d’âges différents (de 2 à 6-7 ans) et qui ne parlent pas français! Les plus grands venaient tous seuls et les plus petits étaient déposés par un membre de la famille. Les séances qui se sont le mieux déroulées sont celles où j’ai réussi à gérer le nombre de participants et à le limiter à moins de 15 enfants.
Nous avons fait diverses activités: comptines, travail sur les couleurs, lecture, présentation en français, graphisme sur le tableau et sur papier, découpage et collage, apprentissage des chiffres et de l’alphabet, gymnastique.
Avant mon départ j’avais prévu plusieurs activités que je n’ai finalement pas faites car elles n’étaient pas adaptées aux enfants que j’avais face à moi, ni aux conditions. Cependant, j’avais apporté beaucoup de papier, de feuilles cartonnées de couleur et çà m’a été très utile. Comme je l’avait fait pour Awa, j’ai fabriqué un “memory”, les enfants ont bien joué avec, et les plus grands ont aidé les plus jeunes.
J’ai appris quelques mots de sérère (dialecte local) très utiles pour communiquer avec les enfants et faire un peu de discipline, c’est parfois nécessaire car ils sont plein d’énergie!
A d’autres moments, j’ai fait des activités avec des enfants qui, eux, vont à l’école. Je leur ai lu des histoires et nous avons confectionnés des bracelets en élastiques.
Afin de développer l’utilisation de la ludothèque, Momodou souhaiterait employer une personne qui encadrerait les enfants et ferait des activités avec eux. Si j’ai l’opportunité de retourner dans ce village j’apporterai des jeux de société adaptés, des livres et des fournitures (qu’on peut trouver sur place).
A mon arrivée au village, j’en ai fait le tour pour me présenter et expliquer ma mission. Plusieurs femmes ont semblé interessées par les cours de Français, au final c’est un petit groupe de 5 à 6 femmes qui s’est formé. Il faut dire qu’elles ont peu de temps disponibles pour elle car leurs journées sont très remplies et fatigantes.
Nous nous retrouvions l’après-midi vers 15h30 après le repas. Certaines parlaient un peu français et voulaient progresser et d’autres ne connaissaient que quelques mots. Le fait que je parle un peu wolof et que l’une d’elle pouvait traduire aux autres en Sérère m’a été très utile.
Je suis partie de leurs besoins et demandes. Nous avons travaillé sur l’alphabet et les nombres à l’aide du tableau. Elles ont aussi appris à se présenter, à parler simplement des activités de la journée, à écrire leur nom, un numéro de téléphone et nous avons aussi fait du calcul.
Comme le prévoit le cadre de la mission, la participation financière pour l’hébergement est investie dans un projet. Nous avons décidé de terminer le tableau “école dans la rue” construit grâce au précédent bénévole et de peindre la ludothèque. Nous avons employé un peintre professionnel pour le gros oeuvre et c’est Tessa qui a décoré le tableau. Le résultat est très réussi. Je l’ai beaucoup utilisé au cours de ma mission, tant avec les enfants qu’avec les femmes. Quant à la ludothèque, elle est maintenant plus claire et plus agréable.
J’avais apporté une trousse de pharmacie et je me suis improvisée infirmière. En effet, avec la chaleur les plaies s’infectent vite et les gens n’ont pas toujours les moyens de se soigner. J’ai commencé par soigner un enfant, puis deux, puis trois.. et aussi des adultes. Avant de partir j’ai achété des compresses et du sérum pour nettoyer les yeux car il y a des conjonctivites.
D’un point de vue personnel, le bilan de ma mission est très positf. J’ai rencontré des gens d’une grande gentillesse qui m’ont accueillie comme un membre de leur famille, çà c’est la fameuse “Teranga”. J’ai pu découvrir la vie au village, dans un environnement préservé où l’on vit proche de la nature et approfondir ma connaisance de la culture sénégalaise.
J’ai vu que ma mission avait vraiment du sens car les enfants étaient très demandeurs et présents tous les matins. Ils sont comme tous les enfants, curieux et enthousiastes à l’idée de découvrir de nouvelles choses.
Quant aux femmes, elles se sont vraiment investies dans les ”cours” de français et sont pressées qu’un nouveau bénévole puisse prendre le relais.C’était vraiment un plaisir de travailler avec elles et ce, toujours dans la bonne humeur.
Je n’oublierai jamais le jour où une des participantes m’a dit qu’elle était contente car c’était la 1ère fois qu’elle écrivait son nom.
Je repartirais volontiers en mission avec l’association Astou une fleur dans le désert et conseille à ceux qui sont intéressés de ne pas hésiter. Tout est bien organisé et c’est rassurant. Les conseils prodigués sur le site sont également précieux. Pour que la mission soit réussie, il faut bien sûr faire preuve d’une grande ouverture d’esprit et savoir s’adapter à une culture et un mode de vie bien différent du nôtre.
Anabelle VINCENT