Pour en savoir plus sur les talibés... et la mendicité... et la pauvreté


Les talibés sont des enfants qui sont envoyés au marabout par leurs parents pour qu'il leur enseigne le Coran. Souvent, au Sénégal, les enfants que l'on voit mendier dans les rues sont guinéens ou des provinces sénégalaises éloignées, ou des régions pauvres où leurs parents ne peuvent les assumer.


Le marabout doit faire face à un nombre grandissant d'enfants depuis plusieurs décennies, à cause de la pauvreté et à l'avancée de la sécheresse d'une part, et d'autre part de l'augmentation de la population. En effet, la population au Sénégal est passée de 3 millions à 12 millions en 30 ans ! il y a quelques années, les talibés travaillaient dans les champs des marabouts pour subvenir aux besoins de la communauté. Aujourd'hui, ce n'est plus possible, d'autant plus que le marabout a lui aussi une famille à nourrir. Les enfants talibés se retrouvent à mendier en ville, dans les endroits les plus peuplés, dans les environs des touristes pour grapiller des pièces, du sucre, du riz ou manger sur place.


Il y a un problème à régler avec ces enfants trop nombreux, en dépassant les idées reçues des occidentaux qui savent tout faire mieux que tout les autres, et sont choqués de phénomènes dont ils ne maitrisent ni les causes ni les conséquences... et au Sénégal de nombreuses initiatives ont été prises pour y faire face...


D'une part, la création d'écoles mélant l'apprentissage scolaire et religieux ; d'autres part par les associations de femmes dans les quartiers qui prennent en charge de petits groupes d'enfants, pour les nourrir, habiller et leur permettre de se laver. Il y a aussi de nombreuses associations qui prennent en charge les soins ou encore donnent des vêtements ou proposent aux enfants un point d'accueil temporaire.


Il faut en parallèle lutter contre la pauvreté dont les talibés sont une petite émergence voyante et dérangeante au Sénégal, mais en France, ne voit-on pas des SDF ? des femmes roumaines avec des enfants mendier aux carrefours ? des français vivant sous le seuil de pauvreté dans des logis indignes ?


Sans pauvreté, pas de mendiant, c'est universel !


La vie quotidienne en Afrique est très différente de la vie en occident, tout y est inversé ! Les choses importantes ne sont pas identiques... La vie quotidienne est dure en Afrique, c'est vrai, il y a du sable, on se salit vite, on n'accorde pas d'importance à un trou dans un tee-shirt, ou une couleur approximative, on n'a pas beaucoup de vêtements, surtout les enfants, et on remet après le bain les habits portés, ce qui compte c'est la propreté du corps ! Tout ça pour dire que ce qui compte pour un occidental n'est pas forcément ce qui compte pour une famille sénégalaise, et qui sommes-nous pour décider que NOUS avons raison ? par quelle grossièreté considère-t-on SAVOIR ?


Oui, il y a des choses à faire et on peut aider à en réaliser quelques unes, qui sont tout de même des défis pour l'avenir :

Lutter contre la déforestation qui laisse avancer le désert au Nord, repoussant les populations et le bétail qui ne peuvent plus se nourrir.

Promouvoir l'énergie solaire de proximité dans un maximum de petites structures (écoles, dispensaires, administratifs, associations)

Permettre aux populations dans les zones agricoles de créer des cultures vivrières, pour envisager l’autosuffisance alimentaire qui leur permettra de garder leurs enfants avec eux ;

Informer les familles des dangers des villes pour leurs enfants ;

Pousser les familles à scolariser leurs enfants à l'école dans la journée avec l'apprentissage du Coran le soir et le samedi...d'autant plus que les écoles publiques aujourd'hui dispense un enseignement du coran

Aider les marabouts pauvres (cela existe) et désireux de faire progresser les choses à prendre en charge ces enfants...Ce n'est pas en construisant des centres d'hébergement pour les talibés que le problème sera résolu, c'est faux ! Sera seulement résolu ce qui nous choque, nous autres occidentaux, ce qui nous dérange au milieu de nos belles vacances ensoleillées, mais pas le fond du problème